Après une discussion avec un tiers, je me suis rendu compte qu’on était harcelés par le sexe. Non, pas seulement sur internet où un simple clic vous promet une superbe blonde qui vous fera passer dix minutes de folie pour quelques euros.
Partout, tout le temps, comme on parlerait de pluie et beau temps !
Je ne vais pas enfoncer des portes ouvertes en parlant des publicités qui nous montrent un charmant couple où monsieur se rase pour être parfait pour la nuit de folie qui l’attend avec madame, ni de celles où madame se déshabille de façon aguichante sur fond de musique langoureuse pour vanter les mérites d’une crème anticellulite.
Je vais plutôt évoquer ces magazines (souvent féminins, hélas) qui, il y a cinquante ans, conseillaient à la ménagère malheureuse de ne pas entamer de procédure de divorce sans le consentement de son époux et qui aujourd’hui prônent l’utilisation massive et régulière de sextoys, les cours tantriques pour apprivoiser sa sexualité, les multiples amants pour se combler si son cher et tendre n’assure pas assez et la masturbation pour se déculpabiliser.
Alors, je ne suis pas vieille école, parler de sexualité, c’est bien, ça décoince les générations et ça enlève le tabou sur ce qu’on aime, ce qu’on déteste et ça permet de s’épanouir. Là où ça devient problématique, c’est qu’on en viendrait presque à culpabiliser les femmes (ou les hommes) qui s’épanouissent dans des rapports classiques. Si un couple ne fait pas l’amour tous les jours, il sera jugé anormal. Si la femme n’a pas d’orgasmes multiples systématiquement, il est temps de consulter. Si l’homme ne trouve pas le point G de sa douce, c’est certainement parce que c’est un gros nul qui prend le sexe féminin pour une GameBoy.
Sous peine d’être ringard ou coincé, il faut TOUT tester, TOUT essayer, même si c’est embarrassant, même si on ne trouve pas cela attirant. Tout simplement parce que si un magazine le dit, c’est que c’est vrai ? Alors, pour accompagner cette charmante propagande, il y a les prouesses des « proches » qu’on nous sert sans pudeur. Parce que notre bonne copine Tartanpionne nous jure que la position du lotus recroquevillé inversée est une garantie pour l’orgasme de notre vie, on se demande si le sexe est une compétition olympique ou un plaisir à partager à deux. J’ai l’impression de me trouver à l’ère de la culpabilité sexuelle, où il faut absolument assurer (sans vous mettre la pression, bien sûr, jamais !) et ça a quelque chose de dérangeant, parce que je doute sincèrement qu’un matraquage intensif des dix meilleures façons de jouir soit une garantie pour le bonheur.
Il est important de se connaître et de savoir ce que l’on veut et je trouverais dommage de retourner à de vieux principes dépassés qui voulaient que le sexe ne serve qu’à la reproduction, mais où est la pudeur ? Où est la découverte ? Je pense qu’il vaut mieux faire confiance à son/sa partenaire et avoir confiance en soi que croire qu’un torchon de papier glacé nous apportera le plaisir si on ne le trouve pas. Puis, Marie-Claire, Femmes d’aujourd’hui, Tasanté (je-m’en-carre) foutez-nous la paix et laissez nous baiser comme il nous plait !



je suis tout à fait d’accord. j’en viens à être mal a l’aise quand je regarde la tv et que je vois les prouesses sexuelles que l’on voit systematiquement dans chaque film. Aprés je me dis que mon homme doit me trouver bien fade à côté de toutes ses nanas sensuelles et fantastiques qui font l’amour dans des positions inimaginables !!!
Chère Amandine,
j’ai vu que tu étais venu sur mon site mais tu n’as rien commenté. aucun commentaire ne t’as interpellée ????